Colonie 2015 › Le Mot du directeur 2015

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mercredi 12 août 2015

Le mot du directeur de la deuxième semaine.

Le mot du directeur
Dimanche 9 août 2015

Comme chaque semaine, je vous retrouve avec joie, pour partager quelques points sur la colonie et des convictions éducatives que nous tentons de mettre en œuvre. Ce travail de coopération avec vous, parents, est une des belles missions que nous vivons, et aussi un puissant moteur pour nos jeunes animateurs.

A.JPG comme animation
Nous voici bien entrés dans la deuxième semaine de la colonie ! Et le rythme s’accélère, comme chaque année : veillées, grand jeu, cinéscénie… et bien sûr l’enracinement dans la prière, dans le dialogue avec le Seigneur Jésus ! Le Seigneur multiplie ce que nous lui donnons…. Et si nous pouvons faire beaucoup de belles animations, c’est que dès le matin, toute l’équipe se retrouve dans la chapelle pour chanter l’Angelus (cette prière nous rappelle l’incarnation du Fils de Dieu et nous remet devant cet inouï de la venue de Dieu chez les hommes) et prier ensemble.

Nous le savons, la prière commune, dans un couple, dans une famille, entre amis, et bien sûr dans une communauté chrétienne comme peut l’être la colonie – est vitale pour recevoir du Seigner la joie et la force de servir les enfants et aussi parfois, de supporter les uns et les autres !
Saint Paul nous le rappelle avec force en ce dimanche (lettre aux Ephésiens, 4,30-32.5,1-2) Frères, n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. Voilà un premier ressort de l’animation chrétienne : se savoir animés nous-mêmes par l’Esprit saint, le souffle de Dieu et croire en son action comme la Vierge Marie !
Alors le Christ prend corps en nous, et nous devenons une image du Seigneur, chacun selon son charisme et sa personnalité.

R.JPG comme recherche
Je suis assez convaincu qu’on ne vient pas à la colonie par hasard. Des amis invitent, des cousins en parlent, des tracts sont déposés dans les églises, des affiches dans les écoles catholiques et des jeunes qui ont vécu les animations et la colonie témoignent de leur joie !
Venir à la colonie relève d’une recherche des parents de faire vivre leur enfant une belle expérience, une colonie catholique, où leur enfant trouvera, outre l’amitié et les jeux nécessaires au climat de vacances, la présence du Seigneur Jésus.
Cette année encore, nous accueillons des enfants, Samuel ou Goliath qui n’ont pas fait de catéchisme, qui n’ont pas pu recevoir tel ou tel sacrement. Et une de nos joies, c’est de voir les enfants participer à la prière, par le chant, par les attitudes, par les gestes ou les lectures.
Venir à la colonie est donc le signe d’une recherche d’un contact avec Dieu ! Et dans la foi chrétienne, nous savons que Dieu en Jésus, vient à notre recherche !

  • Nous touchons ici le point essentiel qui différencie le christianisme des autres religions, dans lesquelles s'est exprimée dès le commencement la recherche de Dieu de la part de l'homme. Dans le christianisme, le point de départ, c'est l'Incarnation du Verbe. Ici, ce n'est plus seulement l'homme qui cherche Dieu, mais c'est Dieu qui vient en personne parler de lui-même à l'homme et lui montrer la voie qui lui permettra de l'atteindre. … En Jésus Christ, Dieu ne parle pas seulement à l'homme mais il le recherche. L'Incarnation du Fils de Dieu en témoigne : Dieu recherche l'homme. Jésus parle de cette recherche comme des retrouvailles de la brebis perdue (Lc 15, 1-7). C'est une recherche qui naît au cœur même de Dieu et qui a son point culminant dans l'Incarnation du Verbe. Si Dieu va à la recherche de l'homme, créé à son image, à sa ressemblance, il le fait parce qu'il l'aime éternellement dans le Verbe, et il veut l'élever dans le Christ à la dignité de fils adoptif. Dieu recherche donc l'homme, qui lui appartient d'une manière particulière, autrement que toute autre créature. L'homme appartient à Dieu parce qu'il a été choisi par amour: c'est mû par son cœur de Père que Dieu recherche l'homme.


C.JPG comme cuisine
Il parait que le moral est au fond des marmites ! Et je peux vous dire que le moral est excellent !!! Les marmites préparées par Marie-Annick et Claire sont rarement longtemps pleines ! Les plats sont remplis rapidement et les Samuel, les Goliath et les animateurs se régalent chaque jour ! Qu’elles soient vraiment et vivement remerciées pour ce travail intense et invisible, de commandes, de préparation, d’épluchage, de dressage des plats, ….
Dans quelques jours, vous pourrez découvrir les menus ! Et vous serez émerveillés !
Chaque année, le choix des personnes qui auront à porter la responsabilité de la préparation des repas est délicat. Les exigences sanitaires, la nécessité de vivre cette mission comme un service, avec peu de contact avec les enfants, le fait d’être enfermé dans une cuisine, le goût de préparer des plats divers chaque jour, le souci de la présentation et de l’innovation, le renoncement de ne pouvoir déjeuner ou diner tranquillement sont des compétences que nous devons sentir… et je rends grâce au Seigneur que nous ayons pu trouver ces personnes jusqu’à ce jour ! Elles ont toute notre reconnaissance !
Cette année, l’équipe de cuisine est aidée pour la vaisselle, prise en charge par Camille Lécuyer, Guillaume et Louis. Cela semble soulager réellement nos 2 cuisinières. De plus, Sophie est là pour rendre la cuisine impeccable après les services !
Aurions-nous trouvé une solution pour simplifier le travail de chacun, tout en respectant les directives sanitaires et la générosité du bénévolat ?
Allier la loyauté à la Loi française (cf billet de David sur l’animation), l’engagement bénévole des animateurs et la réelle disponibilité de Marie-Annick et Claire, bientôt rejointes par Tristan, nous permet de goûter la qualité et la variété des plats !

H.JPG comme hache…
C’est facile, direz-vous !!! Mais cela nous renvoie au spectacle de ce dimanche, sur Noé ! Quel bonheur de voir nos jeunes artistes se révéler et prendre de l’assurance ! La hache aurait pu servir à ouvrir les portes de l’arche… mais Noé s’inscrit résolument dans la non-violence.
Ainsi de nos colons, qui chaque soir, devant l’arche dans la chapelle, ouvrent dans la prière qui est écoute de la parole de Dieu et réponse paisible en sa présence, une fenêtre. Ils sont impatients de découvrir le dessin.
Une question cependant : pourquoi la fenêtre 7 n’est pas ouverte ? P1140943.JPGNous n’avons pas prié ce soir-là (Cinéscénie oblige) à la chapelle…. Et de plus un animal intrus s’est invité… donc, il faut prendre les moyens de le chasser, pour être en pleine sûreté !
Voici donc un nouveau principe d’éducation chrétienne, cher à la tradition spirituelle de l’Eglise. Quand vient le soir, il faut demander la paix qui vient de Dieu ! Ne te couche pas sur ta colère, enterre toute hache, toute haine, tout ressentiment…. Confie tes soucis au Seigneur ! Encore et toujours, la prière. Spécialement à notre maman du Ciel, la sainte Vierge Marie !

E.JPG comme eucharistie
Chaque jour, à la colonie, la messe rassemble quelques enfants (une petite dizaine), des animateurs et des personnes en vacances, qui nous rappellent, si besoin est, que toute messe est pour la gloire de Dieu et le salut du monde, et non pas seulement pour un petit groupe qui se suffirait à lui-même ! Et nous sommes contents d’accueillir, de partager notre prière et nos chants, et notre foi en Jésus Eucharistie.
Katorin se veut un moyen, simple sans doute mais vivant, pour aider nos jeunes, vos enfants, à s’approcher de Jésus dans l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.
Croire à l’appel de Dieu, se savoir animé par l’Esprit saint, prier, vivre notre vie comme une recherche de Dieu dans la vérité et la paix, se donner gratuitement et avec générosité et compétence dans le service des jeunes. Cela nécessite de se laisser façonner par la sainte Eucharistie.
Je ne me trompe pas de terme, à la messe, nous venons pour nous laisser travailler, transformer par le Seigneur… C’est là que le principal travail d’éducation se fait, au contact de Celui qui nous a tant aimé et qui par son sacrifice d’amour sur la croix, nous invite à imiter son mode de vie.
Le Christ est ressuscité et si nous apprenons à lui offrir notre misère et notre péché, notre désir de servir, nos joies et peines quotidiennes, alors progressivement, nos vies s’accordent au don que Jésus fait de lui-même dans ce sacrement. Nous découvrons que plus nous vivons de Jésus, plus nous devenons des sources pour notre monde, qui vit dans un désert réel.
Aller à la messe, le dimanche bien sûr et aussi en semaine, est fondamentalement un acte de foi en Jésus mort et ressuscité pour nous. Cela place Dieu au cœur de nos vies, de notre famille, de notre projet d’éducation chrétienne, dans un monde qui vit sans Dieu, loin de Dieu.

Il est évident que s’est produite dans certaines régions une “désertification” spirituelle, fruit du projet de sociétés qui veulent se construire sans Dieu ou qui détruisent leurs racines chrétiennes. Là « le monde chrétien devient stérile, et s’épuise comme une terre surexploitée, qui se transforme en sable ". Dans d’autres pays, la violente résistance au christianisme oblige les chrétiens à vivre leur foi presqu’en cachette dans le pays qu’ils aiment. C’est une autre forme très douloureuse de désert. Même sa propre famille ou son propre milieu de travail peuvent être cet environnement aride où on doit conserver la foi et chercher à la répandre. Mais « c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et, dans le désert, il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance ». Dans tous les cas, en pareilles circonstances, nous sommes appelés à être des personnes-amphores pour donner à boire aux autres. Parfois, l’amphore se transforme en une lourde croix, mais c’est justement sur la Croix que le Seigneur, transpercé, s’est donné à nous comme source d’eau vive. Ne nous laissons pas voler l’espérance ! (pape François, la joie de l’Evangile, § 87, 24 novembre 2013)
Père Jérôme Payre, directeur

mardi 4 août 2015

Le mot du directeur de la première semaine.

Le mot du directeur
Dimanche 2 août 2015 PJ_0026.jpg

Comme chaque semaine, le premier jour de la semaine, je viens vous retrouver pour le mot du directeur.
Voilà 4 jours que la colonie 2015 est lancée, et déjà, les événements se succèdent. 2 enfants ne bénéficieront pas cette année de la colonie, ils n’ont pas pu prendre le départ. Nous ne les oublions pas dans notre prière… et ce sera pour l’année prochaine.
Malgré un vrai beau temps, la baignade n’a pas encore eu lieu, la température de la mer étant l’après-midi encore trop basse. Le Blog vous l’a déjà annoncé.
Aller à la messe du dimanche à la paroisse est un engagement de notre part. Si tous les jours je célèbre la messe à la colonie, je peux témoigner de la joie réelle de voir des enfants y participer très librement, entourés de plusieurs animateurs et de quelques personnes de la paroisse.
Mais nous désirons manifester que le dimanche est un jour particulier pour les chrétiens. C’est le jour du Seigneur, c’est le jour de l’Eglise !
Pour cette raison, nous avons choisi depuis le début de nous fondre dans l’assemblée paroissiale de la chapelle sainte Thérèse. Cependant, au fur et à mesure des années, les paroissiens nous repèrent facilement non seulement avec les tee-shirts fraichement remis aux enfants, mais en plus avec les talents musicaux des animateurs. Si bien que depuis 2 ans, nous sommes de plus en plus investis dans l’animation (chant du psaume, chant des enfants, instruments de musique)… mais nous voulons rester au service de la prière, sans prendre la place des Montois qui dans l’été, se sentent sans doute moins chez eux avec les vacanciers, tout en devant assumer la préparation, l’installation et le rangement. Qu’ils en soient remerciés !

Depuis jeudi, nous sommes dans l’arche, image de l’Eglise (c’est à dire de chacun de nous ayant été sauvée par le sang du Christ) qui est aimée de Dieu et qui traverse les eaux du déluge, les eaux du péché, car les puissances de la mort ne pourront rien conte elle (Mt 16).
Quand nous sommes avec le Seigneur, quand nous prenons le Seigneur pour guide, pour capitaine de notre Arche, quand nous laissons le Seigneur nous conduire et nous façonner selon son Esprit, alors, nous avançons suivant ce que saint Paul nous enseigne dans la lettre aux Galates (5,25) : puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit !
Nous aimons bien ce chant à la colonie, vous le retrouverez peut être dans la rubrique chant du blog.

MARCHONS !

Ce mot est bien une caractéristique de la vie humaine… Allez de l’avant, ne pas s’arrêter devant la difficulté, savoir s’entourer de conseil et oser demander de l’aide !
Dans le travail d’éducation, marcher est toujours une période délicate. Tant qu’un enfant ne marche pas, les parents sont à peu près rassurés…
Quand le bébé fait ses premiers pas, les parents sont remplis de joie, car l’enfant grandit… mais en même temps, c’est le début d’une certaine autonomie ! et il y a les chutes…
Le travail de l’éducation consiste aussi à permettre à l’enfant de devenir un adulte, une personne libre et responsable… Voilà les 2 bonnes béquilles qui soutiennent notre marche : la liberté intérieure de choisir le bien et la capacité de répondre de ses actes, quitte à recourir au pardon quand nous avons fait fausse route !

Bien sûr, dans la vie chrétienne, marcher est fondamental ! C’est l’attitude de Jésus, qui parcourt les chemins de Terre sainte.
Marcher pour annoncer le Royaume.
Marcher pour témoigner de la tendresse de Dieu.
Marcher pour monter à Jérusalem, lieu de l’offrande de sa vie, lieu du sacrifice qui nous rend libres de nos passions et de nos péchés. Nous marchons à la suite du Christ, les yeux fixés sur Jésus.
C’est la nécessité de la prière du matin, avec les animateurs (comme tout parent, tout éducateur, tout chrétien simplement, j’imagine :-) !)
Voici ce que nous entendrons lundi matin : entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi (lettre aux Hébreux, 12).
Mais comme le dit le Pape François, il peut arriver à une Eglise qui "sort" (qui marche) ce qui peut arriver à une personne lorsqu’elle se trouve dans la rue : avoir un accident , le pape affirme franchement : je préfère mille fois une Eglise accidentée à une Eglise malade''. Une Eglise qui ne sort pas d’elle-même, tôt ou tard tombe malade dans l’atmosphère viciée des pièces dans lesquelles elle s’est enfermée. Ce verbe est cité par le saint Père, pour la condition du disciple de Jésus Christ. Il nous le redit particulièrement dans l’Angélus du dimanche de l’Epiphanie, prenant comme les Mages comme modèles de la marche en avant (terme qui pour notre équipe technique, évoque aussi les normes sanitaires) et donnant 3 caractéristiques de la marche avec Jésus !

Le récit évangélique des Mages décrit leur voyage depuis l’Orient comme un voyage de l’âme, comme un chemin vers la rencontre avec le Christ. Ils sont attentifs aux signes qui en indiquent la présence ; ils ne se lassent pas d’affronter les difficultés de la recherche ; ils ont le courage de tirer les conséquences de vie qui dérivent de la rencontre avec le Seigneur. La vie est comme cela : la vie chrétienne consiste à marcher, mais en étant attentifs, infatigables et courageux. C'est ainsi que chemine un chrétien. Marcher attentif, infatigable et courageux. L’expérience des Mages évoque le chemin de tout homme vers le Christ (pape François, Epiphanie 2015).

Père Jérôme Payre, directeur